La science n’a-t-elle pas enterré la Bible

Ceux qui demandent : « La science n’a-t-elle pas enterré la Bible ? » veulent dire qu’il faut choisir entre les faits scientifiques et l’imaginaire biblique – mais qu’on ne peut pas avoir les deux en même temps. Ce conflit entre la science et la Bible vient de ce que, trop souvent, la science outrepasse ses propres bornes : au lieu de rester une méthode de découverte de la réalité, elle est devenue une vision d’ensemble de la réalité censée rendre compte de toute chose. Ou, comme le disait le mathématicien britannique Karl Pearson : « L’objectif de la science est clair : rien de moins que d’interpréter complètement l’univers ».

I. Présupposition contre présupposition.

La présupposition qu’adoptent beaucoup de scientifiques, comme Karl Pearson, c’est que « la méthode scientifique est la seule voie permettant d’accéder à la totalité du savoir ». On attribue ici à la science une autorité absolue. Cette conception de la science affirme ainsi clairement qu’on ne découvre la vérité que de façon empirique. Mais ce que la Bible dit, c’est que l’homme ne peut découvrir la vérité ultime par lui-même.

C’est ici que repose le conflit fondamental entre, d’un côté, une certaine conception de la science et, de l’autre, la Bible. Le scientisme prétend qu’il n’y a de vrai que ce qui est observable et vérifiable alors que le christianisme avance que la vérité suprême ne se trouve que dans la révélation divine.

II. Le danger du scientisme.

Les chrétiens acceptent la véracité des faits scientifiques. Ce qu’ils n’acceptent pas c’est l’interprétation que certains scientifiques donnent à ces faits. Entre les faits établis scientifiquement et la Bible, il n’y a aucun conflit réel ; mais il existe bel et bien un conflit entre ce que dit la Bible et certaines théories non prouvées (faut-il le dire, la théorie de l’évolution, comme explication exhaustive de l’univers, n’est toujours qu’une théorie). Bien sûr, la Bible est écrit dans un langage qui n’utilise pas la terminologie scientifique, mais cela ne signifie pas qu’elle soit scientifiquement inexacte. En fait, certains des plus grands scientifiques de l’ère moderne (tels que Pascal, Newton, Faraday, Pasteur et bien d’autres encore aujourd’hui) croyaient ou croient en la totale véracité de la Bible. On peut être un grand scientifique sans pour autant penser que la Bible est enterrée.

Le conflit entre la science et la Bible n’existe que parce que les scientifiques dépassent les bornes de leur champ de connaissance, lorsqu’ils sortent de ce qui est observable et reproductible (par exemple lorsqu’ils spéculent sur les origines de l’univers, sur la valeur de l’individu ou sur la destinée de notre espèce). Lorsque la science est utilisée ainsi, elle n’est, en réalité, plus scientifique : elle devient un « méta-récit », une explication globale de la réalité, un point de vue religieux – puisqu’elle prétend expliquer des choses qui ne sont sujettes ni à l’observation ni à l’expérimentation.

Conclusion :

La question n’est donc pas tant « La science n’a-t-elle pas enterré la Bible ? » mais plutôt « l’Homme veut-il bien se soumettre à la Parole de Dieu ? ». La Bible décrit les personnes qui refusent de s’y soumettre comme ceux qui « n’ont pas jugé bon de reconnaître Dieu ». C’est parce que les hommes ont rejeté a priori la révélation que Dieu nous donne de lui-même, qu’il nous semble que la Bible ne peut être vraie. Dire que la science a enterré la Bible est alors juste une rationalisation, une excuse pour ne même pas envisager la possibilité que le message de la Bible puisse être vrai.

 

© Pierre-Sovann Chauny

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