Matérialisme et fuites

Le rationnel a des fuites

Nous vivons dans un monde matérialiste, c’est un fait. En ce qui concerne les sciences, cela veut dire que rien n’existe en dehors de la matière, qu’on ne peut pas raisonnablement croire à un contrôle surnaturel ou transcendantal des événements. Au fil des décennies, ce matérialisme est devenu majoritaire, et même totalitaire au sein de la communauté scientifique. Pour un esprit rationnel, cartésien, pas question de croire à des histoires qui échappent au champ de l’expérimentation et de la logique ! 

Pour le quidam du XXIème siècle, normalement touché par la mondialisation, ce matérialisme a plutôt pris des formes consuméristes. Avec l’appui des médias, les humains d’aujourd’hui pensent trouver leur bonheur en se procurant des produits ou des personnes qui les satisferont un temps, puis qu’ils remplaceront par d’autres plus beaux et plus à la mode. Le sacro-saint plaisir est tellement éphémère qu’il faut s’employer à le renouveler le plus souvent possible ! Les grandes valeurs d’antan sont toujours très importantes pour tout le monde mais non plus parce qu’elles seraient vraies. On les garde parce qu’elles apportent un bénéfice personnel ou collectif.

Du côté des élites comme des gens « normaux » on assiste donc à un désenchantement du monde et tout le monde a l’air très content comme ça ! D’ailleurs quand on parle de Dieu à la plupart des français, la réponse est souvent « mais à quoi ça me servirait de croire ? Je suis très heureux sans lui ! » 

Sauf que si l’on observe un peu mieux les choses, on constate que ce matérialisme a des fuites, pour ne pas dire des brèches. Chez les scientifiques, gens dits éduqués, beaucoup ont des passe-temps « spirituels » en parallèle de leurs pratiques très rationnelles. En effet quand ils ne conservent pas la foi de leurs parents, ils vont embrasser des croyances plus exotiques : par exemple Matthieu Ricard, docteur en génétique,  qui est depuis de nombreuses années le porte-parole du Dalaï Lama ou encore Brigitte Boisselier, docteur en chimie analytique, qui est le bras droit de Raël. Et puisqu’on parle de sectes, il est toujours étonnant de découvrir qu’elles sont souvent financées par des gens riches ayant fait de brillantes études. Comment se fait-il que des esprits méthodiques, rigoureux puissent souffrir d’une telle incohérence entre le fondement de leur métier et celui de leur vie ? Je pense que la réponse est très simple : le besoin de sens, le besoin de Dieu est tel qu’il faut bien l’assouvir dans la seule sphère qui l’autorise, la sphère privée.

Le commun des mortels, quant à lui, reporte son adoration sur des « people » qui le méritent plus ou moins, consulte régulièrement son horoscope, se concocte un petit cocktail de superstitions pratiques pour calmer les interrogations métaphysiques, remplit son agenda d’activités pour s’occuper l’esprit, essaie de trouver des choses à fêter pour se tenir chaud et croire à une certaine solidarité. Là encore, malgré l’utilitarisme dominant, on constate un besoin de sens, de rêve. Et si on n’a pas les moyens d’avoir sa dose, on va compenser avec des herbes, des liquides ou des traitements « transcendantaux ». Le monde est désenchanté mais la nature, qui comme tout le monde le sait, a horreur du vide, le ré-enchante aussitôt pour le rendre tout simplement vivable. 

Alors il y a 2 analyses possibles à ce phénomène. On peut dire que ces matérialistes ont le tort de ne pas avoir réussi à éradiquer des pulsions religieuses primitives totalement hors de propos au XXIème siècles ou alors on peut au contraire percevoir un besoin fondamental pour l’être humain d’être en contact avec « le divin », comme s’il avait été programmé pour ça. La Bible décrit cette dernière proposition : l’homme est fait pour être en communion avec son Créateur. Mais parce qu’il a rompu cette relation idéale avec Dieu, l’homme cherche des substituts pour combler le vide douloureux qui subsiste en lui. C’est ce que la Bible appelle des idoles, c’est-à-dire des images, des objets ou des concepts qui prennent la place de Dieu… mais sans être Dieu ! Le problème de ces pâles imitations, c’est qu’elles ne sont pas aussi efficaces que l’original, qui est unique. C’est ce qui a fait dire à un certain Jésus qu’il n’y a qu’en Lui, le Fils de Dieu, l’Original, qu’on peut être vraiment rassasié. Jésus a cette prétention extraordinaire de dire que « chez la concurrence » il n’y a pas meilleur que Lui pour étancher cette soif de Dieu. Alors il est peut-être temps d’arrêter la malbouffe spirituelle pour vous tourner vers Celui qui sait vraiment ce dont vous avez besoin, non ? Cela ne vous coûtera pas grand chose… mais pourrait vous rapporter très gros !

 

Yohann Tourne, 2022

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