Peut-on croire la Bible au 21e siècle ?

Le christianisme serait-il le fruit d’une vaste arnaque ? Les faits qui sont racontés se sont-ils réellement passés ou sont-ils issus de l’imagination de quelques illuminés ? Tout le monde s’est posé ce genre de question. Pour répondre de manière satisfaisante, il faut donc s’attacher à évaluer si la Bible raconte une histoire ou bien l’Histoire. Petits cours de méthodologie.

La Bible est un livre à part entière. Composée de 66 livres, écrite sur plus de 1500 ans par plus de 40 auteurs (parmi lesquels des rois, des philosophes, des bergers, des religieux, des pécheurs, etc. …) et centrée sur une personne unique dans l’histoire : Jésus-Christ. Mais au fait, peut-on encore croire à la Bible au 21e siècle ? Plus précisément, peut-on croire en la fiabilité historique des documents du Nouveau Testament (NT), ceux qui nous parle précisément de la personne de Jésus-Christ ?

En premier lieu, il faut dire que le NT comme toute œuvre historique de l’époque classique se distingue des œuvres historiques contemporaines. On ne ne lit pas un texte du NT comme on lirait une biographie de Martin Luther King ou un rapport historique de la Seconde Guerre Mondiale. Les historiens du premier siècle n’avaient pas le même souci du détail, leur intérêt se portant plus sur la portée des événements que sur le détail de leur déroulement. Cependant, cela n’empêche pas que leur témoignage soit rigoureux. Le NT fournit maints détails historiques et biographiques qui sont vérifiables par tous.

En deuxième lieu, dans toute évaluation de la véracité historique d’un quelconque document du passé, il faut laisser les questions de croyance de côté. On ne peut pas prendre position avant d’avoir examiner les preuves qui vont dans un sens ou un autre. Comme tout bon historien qui cherche à établir l’historicité d’un événement, on doit d’abord examiner les faits avant de prendre position.

Plusieurs personnes refusent d’emblée d’accepter le côté historique du NT parce qu’il a été écrit par des chrétiens. C’est un rejet a priori qui doit être dénoncé.
Par exemple, le philosophe Michel Onfray écrit dans son Traité d’athéologie : « Les évangélistes méprisent l’histoire (…). Pas besoin que les histoires aient eu effectivement lieu, pas utile que le réel coïncide avec la formulation et la narration qu’on en donne, il suffit que le discours produise son effet : convertir le lecteur. » 1 Michel Onfray préjuge ici que « les évangélistes méprisent l’histoire », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas intègres. En gros, on ne peut pas recevoir leur témoignage parce qu’ils sont déjà convaincus. Or, les convictions d’un auteur ne le rendent ni aveugle ni malhonnête. Si l’auteur est compétent, ses convictions personnelles ne détruisent pas son objectivité qui dépend avant tout de son intégrité. En outre, Jésus-Christ, le maître et la référence des auteurs du NT, se présente comme étant la vérité et faisant de la vérité, une valeur fondamentale. Ce qui plaide en faveur de la bonne foi des auteurs du NT. Bien sûr, les auteurs du NT avaient de fortes convictions concernant Jésus mais cela n’implique pas forcément une exagération. Allons-nous rejeter les rapports historiques sur la Shoah d’un auteur sous prétexte qu’il est juif ? Si oui, alors on serait obligé de soupçonner toute personne convaincue et de n’écouter que les indifférents …

© Aurélien Lang

  1.  Michel Onfray, Traité d’athéologie, p. 158
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