Que faire de la violence de Dieu ?

[Cet article peut être téléchargé au format PDF pour plus de confort de lecture]

Introduction

La question du lien entre violence et religions est très présente dans le débat public aujourd’hui. Une des causes est la problématique du terrorisme islamique, mais cela ne sera pas le sujet de cet article. En partie par ricochet et en partie indépendamment, la foi chrétienne et la Bible sont mises en cause. Ainsi, Richard Dawkins, l’une des figures de proue du «nouvel athéisme», écrit :

On peut dire que, de toutes les œuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant : jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter ; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoiffé de sang ; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratique l’infanticide, le génocide et le « filicide »1.

Plus récemment, plusieurs articles sur le sujet sont parus sur le site à grand trafic Slate.fr2.

En partie, le christianisme est accusé de violence sur la base de son histoire (croisades, Inquisition, colonisation, collusion avec le pouvoir politique …) ; sur ce point, une partie de la réponse est que les croyants (ou ceux qui prétendaient l’être) n’ont pas toujours été fidèles aux principes de la foi chrétienne. C’est un vrai problème, mais ce n’est pas celui que je vais aborder ici. (Par contre, Simon Grunder en parle bien dans son article : Si Dieu est si bon, pourquoi les chrétiens sont-ils si mauvais? et sa conférence : Les Croyants: Pourquoi sont-ils si mauvais si Dieu est si bon?).

Dans cet article, je vais plutôt parler de la violence dans la Bible, et en particulier de la violence qui est pratiquée, ordonnée ou annoncée par Dieu. Que faire lorsque c’est Dieu lui-même qui demande la violence, et qu’il peut même reprocher aux croyants de ne pas l’avoir mise assez en œuvre ? Comment réconcilier l’image d’un Jésus paisible et aimant, et celle d’un Dieu qui demande des mises à mort et des exterminations3 ?

Un des articles que j’ai mentionné terminait en citant Steve Wells :

Je ne vois pas comment quelqu’un peut lire ceci et penser : «Ah, ok, c’est bien. Je pense que Dieu a réellement perpétré ces meurtres et ça ne me dérange pas.»Je pense que la plupart des fidèles ne les connaissent pas, ou bien qu’ils choisissent de les ignorer4.

Le but de cet article est justement de ne pas ignorer les épisodes de violence dans la Bible, mais de montrer ce qu’ils nous indiquent sur Dieu et sur l’homme.

Dans un premier temps, je vais proposer de faire le point sur la violence de Dieu dans l’Ancien Testament5, c’est-à-dire les textes antérieurs à Jésus-Christ, reconnus aussi bien par les chrétiens que par les juifs. Cela sera l’occasion de voir quelques principes généraux sur la violence et la colère de Dieu. Dans un second temps, je me pencherai plus sur l’enseignement de Jésus et la vision du Nouveau Testament.

La violence de Dieu dans l’Ancien Testament

Le but de cet article n’est pas de se voiler la face, il y a de la violence dans la Bible, et d’une nature et d’une ampleur qui peuvent choquer. La taille de l’article ne permet pas de parler de tout, mais je n’essaierai pas de cacher les éléments «gênants». Pour permettre un peu de réflexion, je propose de la classer en quatre catégories, selon la manière dont Dieu y est impliqué :

  • Tout d’abord, il y a de la violence qui est racontée, sans que Dieu y soit impliqué ou l’approuve (et souvent avec une mention de désapprobation divine). Sur ce plan, c’est simplement que la Bible (contrairement à certaines idées reçues) se situe dans notre monde avec sa violence et ses horreurs, et non dans un conte de fée. Ainsi, dans le récit des origines, Caïn, fils d’Adam, tue Abel son frère. C’est tragique, c’est expressément contraire à la volonté de Dieu exprimée dans ce passage, et c’est tristement et simplement humain6. De même, si la Bible raconte l’histoire atroce d’une femme qui meurt des suites d’un viol en bande et qui est ensuite découpée en morceau par son amant pour susciter la colère et la vengeance de la part du peuple d’Israël, ce n’est pas pour justifier un seul de ces actes7. Ces passages ne sont problématiques que si on prend l’a priori, absurde, que tout ce que la Bible raconte doit être imité. Cette catégorie ne nous occupera donc pas davantage.
  • Deuxièmement, il y a des sanctions violentes dans des cas de crimes ou de mauvaises pratiques religieuses. Le meurtre, l’adultère et la rébellion caractérisée et obstinée contre les parents étaient punis de mort. L’Ancien Testament institue aussi la célèbre loi du Talion : «œil pour œil, dent pour dent»8. Dans un autre registre, la pratique de l’idolâtrie, le non-respect du sabbat (jour de repos consacré à Dieu), le blasphème ou la profanation des lieux saints étaient aussi sanctionnés par la mort.
  • Troisièmement, par moment Dieu commande la guerre et la mise à mort des ennemis. Le cas le plus notable est lors de la conquête du pays de Canaan par le peuple d’Israël ; c’est là que figure la pratique presque insupportable pour nous de mettre à mort tous les habitants des territoires conquis, femmes, enfants et vieillards compris9. Il faut noter pour donner une image juste que ceci n’est pas la règle pour toutes les guerres extérieures du peuple d’Israël ; en règle générale, une ville assiégée devait se voir proposer la paix, qui menait à une soumission sans mise à mort si elle était acceptée ; et en cas de refus et de guerre, seuls les hommes devaient être mis à mort, non les femmes et les enfants. La règle d’extermination totale était spécifique aux peuplades habitant Canaan au moment de la conquête10.
  • Finalement, il y a les cas où Dieu agit lui-même, directement ou indirectement, pour faire mourir quelqu’un11. Par exemple, les célèbres dix plaies d’Égypte, où Dieu a envoyé diverses catastrophes contre l’Égypte parce que les Égyptiens retenaient le peuple d’Israël captif en esclavage et refusaient de les laisser partir. Plusieurs des plaies causaient des morts, et la dernière consistait en la mort de tous les premiers-nés d’Égypte12. On peut penser aussi à l’homme qui est tombé raide mort pour avoir touché l’arche de l’Alliance, représentant la présence de Dieu, que seuls les prêtres pouvaient approcher13, ou bien la bande d’adolescents qui se sont moqués d’un prophète et ont été dévorés par deux ourses14, sans oublier l’épisode du Déluge, où toute la population humaine a été noyée sous les eaux, à l’exception de huit personnes15.

Ayant présenté ces quelques catégories, je vais maintenant faire quelques remarques, certaines spécifiques et certaines générales. Plus que de tenter de justifier ces éléments violents du point de vue d’un occidental du XXIe siècle16, je vais essayer de faire entrer le lecteur dans le regard que la Bible porte sur ces contenus violents.

Une violence justifiée moralement

Un premier principe que l’on peut reconnaître dans la Bible par rapport aux personnes tuées par Dieu ou sur ses ordres, c’est celui d’une justification morale. Par exemple, un même passage fonde à la fois l’interdiction du meurtre et la peine de mort pour ce crime :

Et de même, de votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun je demanderai compte de la vie de son frère. Qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé ; car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme17.

L’être humain a une valeur spécifique, en ce qu’il est créé à l’image de Dieu. Cette valeur fait que la mort de l’homme n’est pas indifférente à Dieu, et que Dieu demande des comptes à celui qui commet un meurtre. Mais simultanément, celui qui ne respecte pas la vie de son prochain perd du même coup son propre droit à la vie.

Ce principe de justification morale est similairement à l’œuvre dans l’épisode du déluge ; voici en quels termes la Bible annonce cet épisode :

Le SEIGNEUR voit que sur la terre, les êtres humains sont de plus en plus méchants. Et toute la journée, dans leur cœur, ils ne pensent qu’à faire le mal. Le SEIGNEUR regrette d’avoir fait les humains sur la terre, et son cœur est rempli de tristesse. Le SEIGNEUR se dit : « Je vais faire disparaître de la terre les humains que j’ai créés, les grands animaux, les petites bêtes, et même les oiseaux. Vraiment, je regrette de les avoir faits18. »

Le déluge n’est pas un caprice de Dieu, c’est un jugement sur une humanité qui s’enfonce dans la méchanceté.

On peut aussi voir ce principe derrière la conquête de Canaan. Quelques siècles plus tôt, Dieu promet à Abraham que ses descendants prendront possession de ce territoire, mais précise que cela ne se fera qu’après un long passage en Égypte, pour la raison suivante :

A la quatrième génération, ils reviendront ici ; car c’est alors seulement que la déchéance morale des Amoréens aura atteint son comble19.

Dieu dit à Abraham que la promesse faite à ses descendants va devoir attendre que les habitants du pays soient devenus aussi mauvais qu’ils peuvent l’être ; en d’autres mots, il fallait qu’ils soient tombés au plus bas dans leur méchanceté pour que Dieu juge légitime de les chasser et de les exterminer devant le peuple d’Israël. À la veille de l’entrée d’Israël en terre promise, Dieu rappelle ce même principe :

Lorsque l’Eternel, ton Dieu, les aura chassés devant toi, ne dis pas dans ton cœur : ‘C’est à cause de ma justice que l’Eternel me fait entrer en possession de ce pays.’ En effet, c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Eternel les chasse devant toi. Non, ce n’est pas à cause de ta justice et de la droiture de ton cœur que tu entres en possession de leur pays, c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Eternel, ton Dieu, les chasse devant toi, et c’est pour confirmer la promesse que l’Eternel a faite avec serment à tes ancêtres, à Abraham, à Isaac et à Jacob.
Deutéronome 9.4–5

Un Dieu souverain

Une deuxième remarque importante, c’est que nous avons l’habitude de penser aux droits de l’homme, et au droit à la vie, comme à un droit absolu, et dès lors, on pense que Dieu devrait le respecter. On se dit de même que si Dieu interdit de tuer, il ne doit pas tuer non plus. Mais je crois que la perspective de la Bible est bien différente. La Bible part du principe que Dieu est souverain sur la vie et sur la mort : «c’est moi qui fais mourir et qui fais vivre20». L’homme n’a pas le droit de tuer son prochain parce que c’est une prérogative divine, mais Dieu a donné la vie à tout ce qui vit, et il peut légitimement la retirer à qui il veut, sans qu’on soit en droit de lui en faire reproche. Pour les auteurs de la Bible, accuser Dieu d’être un assassin est un non-sens, faire mourir qui il juge bon de faire mourir fait partie de son statut et de son rôle de Dieu. Notre époque juge de tout à partir d’une perspective humaine, et dès lors nous tendons à juger les actions de Dieu comme nous jugerions celles d’un être humain. Mais si Dieu est Dieu, il n’a pas à nous rendre des comptes. On peut faire le parallèle avec le rôle de l’État : en théorie politique, on dit (depuis Max Weber) que l’État a le monopole de la violence légitime : un État est l’instance qui a le droit, sur un territoire donné, de recourir à la violence ou de décider qui peut légitimement l’employer. Ainsi, l’État a le droit de faire intervenir la police pour emprisonner un voleur, mais vous n’avez pas le droit de séquestrer vous-même ce voleur sur une durée étendue. De même, Dieu peut légitimement faire usage de la violence sur la terre, et toute violence sur terre n’est légitime que s’il l’autorise21. La vie humaine est en un sens sacrée parce que l’homme a été fait à l’image de Dieu (voir plus haut), mais «sacré» signifie que c’est la sphère de compétence de Dieu, non de l’homme, et cela ne signifie pas que l’homme est hors de portée de Dieu.

Le respect de Dieu

Un autre point qui transparait dans la Bible, c’est un respect absolu pour l’honneur de Dieu. Dieu est créateur du monde, souverain de tout l’univers et juge de la terre. L’insulte dirigée contre Dieu est dans ce sens un des crimes les plus graves que l’on puisse commettre. Prendre Dieu à la légère, penser qu’il est à notre niveau, qu’on peut le manipuler à notre guise ou se moquer de Lui, c’est se placer en opposition avec la source de toute vie. Autant dans les lois religieuses d’Israël que dans les épisodes où Dieu «frappe» subitement quelqu’un à mort, c’est souvent le manque de respect à Dieu qui est mis en cause. C’est entre autre le cas avec la bande d’adolescent dévorés par des ourses : le prophète était vu et reconnu comme porte parole de Dieu, se moquer de lui revenait à se moquer de l’autorité de Dieu22.

Ce respect absolu de la personne de Dieu peut être mis en rapport avec les justifications morales évoquées plus haut. Pour la Bible, Dieu est saint, c’est-à-dire qu’il est absolument dépourvu de tout mal, et qu’il a le mal en horreur. Cela signifie que le jugement qu’il porte sur le mal n’est pas, comme nous le faisons, un jugement relatif «il y a pire que moi, je ne suis pas si mauvais que cela». Dieu juge le mal par comparaison avec une perfection absolue, si bien que toutes nos fautes et compromissions sont absolument scandaleuses à ses yeux. D’où la déclaration d’un Psaume : «Si tu voulais épier nos fautes, Seigneur, qui pourrait survivre ?23 ». Si Dieu faisait porter immédiatement son jugement sur toute nos fautes, personne ne survivrait à son jugement. Devant la sainteté de Dieu, il n’est pas d’homme qui mérite de vivre. La Bible affirme aussi que Dieu est patient, qu’il ne fait pas immédiatement porter tout son jugement sur chacun, mais sur le principe, chaque homme qui meurt n’a que ce qu’il mérite. D’une certaine manière, les actes de violence de Dieu montrent par l’exemple ce que Dieu est en droit de faire aux hommes du fait de leur mauvaises actions.

Pourtant, si Dieu est en droit d’employer la dernière violence envers les hommes, il ne le fait pas avec tous en tout temps. Dieu fait preuve de patience, et n’exécute pas immédiatement l’intégralité des sanctions méritées. Mais les exemples où il le fait devraient nous amener à prendre conscience de ce que nous méritons, et à avoir une crainte respectueuse envers Dieu.

La Bible reste inflexible sur le fait que la pratique du mal mérite la mort, et en même temps Dieu ne prend pas plaisir à faire mourir le malfaiteur ; son désir est que les méchants changent de conduite, et échappent au châtiment :

Aussi vrai que je suis vivant, déclare le Seigneur, l’Eternel, je ne prends pas plaisir à voir le méchant mourir, mais à le voir changer de conduite et vivre. Renoncez, renoncez à votre mauvaise conduite ! Pourquoi devriez-vous mourir, communauté d’Israël ? Ezéchiel 33.11

C’est pour cela que Dieu fait preuve de patience, et ne détruit pas immédiatement tous ceux qui le mériteraient.

Le plan de Dieu

Un autre point qui vient aussi éclairer plusieurs aspects de cette violence divine, c’est que Dieu avait un plan spécifique pour restaurer la relation avec l’humanité. Ce plan culmine avec Jésus-Christ, ce dont on parlera plus bas. Mais avant cela, ce plan passait par la constitution du peuple d’Israël, un peuple appelé à être saint comme Dieu est saint. Un peuple qui devait refléter le caractère de Dieu, et la vie juste à laquelle Dieu appelle l’humanité. Un peuple qui devait être en relation avec Dieu, afin que les autres nations puissent voir qui est Dieu et le connaître à leur tour24. En vue de cet objectif, il fallait qu’Israël soit un peuple entièrement dévoué à Dieu, et dépourvu d’idolâtrie. C’est la raison qui est expressément donnée à l’extermination des habitants de Canaan lors de l’arrivée d’Israël : il ne fallait pas qu’Israël apprenne à adorer d’autres dieux par contact avec ces populations25 — d’ailleurs, ces populations n’ont en fait pas été entièrement éliminées, et ont entraîné Israël vers le culte de leurs dieux26. Ce but de sainteté pour Israël se traduit aussi en ce que les règles régissant la manière de vivre sont sévères ; les personnes qui vivent à l’inverse de ce que Dieu voulait démontrer mettent en danger tout le plan de Dieu, d’où la peine de mort pour les offenses graves.

Dans le cadre de ce plan, Israël est un peuple établi sur un territoire donné, constitué en entité politique avec ses structures. Cela éclaire l’intervention de Dieu dans les guerres d’Israël, de même que la juxtaposition de lois religieuses et de lois civiles — par exemple l’intégration de notions comme le blasphème au sein des lois civiles de ce peuple. Il faut le noter, parce que les choses seront différentes après la venue de Jésus-Christ, qui marque un changement d’étape dans ce plan.

Il faut relever que le rôle à part d’Israël n’est pas un blanc-seing qui lui permettrait de faire ce qui lui plait sans risquer la colère divine. Au contraire, Dieu annonce que si Israël n’est pas fidèle à l’alliance que Dieu établit avec lui, il sera frappé de plaies innombrables, qui n’ont rien à envier à celles d’Égypte, pour finalement être envahi et déporté27 — ce qui finira par se réaliser. La conquête de Canaan ne relevait pas d’un privilège racial, mais se justifiait à l’aune du plan de Dieu, et le jugement de Dieu contre Israël à l’aune de ce même plan n’est guère moins sévère que contre les nations qu’Israël a dépossédées28.

En bref…

Si je résume, l’Ancien Testament considère que Dieu a le droit de recourir à la violence envers les humains sur la base de son autorité et de son rôle comme créateur du monde. De plus, cette violence est justifiée par la méchanceté des hommes, dont les mauvaises actions méritent une sanction de mort. En outre, la violence de Dieu se manifeste en particulier lorsque l’honneur de Dieu est mis en cause, lorsque l’humanité ne lui montre pas le respect qui lui est dû. La violence de Dieu dans l’Ancien Testament est en particulier inscrite dans son plan qui passe par l’établissement d’Israël comme peuple à part.

Jésus, différent ?

Le Jésus pacifiste

Venons-en maintenant à Jésus-Christ, et voyons comment il se situe dans le tableau de la violence de Dieu que j’ai dressé. Jésus a une certaine image de pacifiste, et ce n’est pas sans cause. Rappelons certains de ses enseignements :

38« Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. 39Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. […]
43« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi29. 44Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, 45afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. 46Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir ? Les collecteurs d’impôts eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 47Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’en font-ils pas autant30 ?

On le voit, Jésus bannit assez radicalement la violence des relations interpersonnelles.

Un autre cas assez illustratif est l’épisode où des religieux juifs amènent à Jésus une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Ils rappellent que la Loi de l’Ancien Testament demande de la mettre à mort par lapidation (par jet de pierres par la foule), et demandent à Jésus ce qu’il dit, lui, de faire. Jésus commence par faire mine d’ignorer la question, mais alors que les gens insistent, il leur dit la phrase restée célèbre «que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre». Alors les religieux se retirent un par un, accusés par leur conscience. Resté seul avec la femme, Jésus lui dit «je ne te condamne pas, va et ne pèche plus»31. Jésus n’a pas renoncé à appeler l’adultère un péché, et dit bien que c’est un comportement qui doit cesser, mais il évite tout à fait à la femme le châtiment sévère prévu dans l’Ancien Testament.

Il vaut aussi la peine de regarder l’attitude de Jésus en matière de guerre et de violence religieuse. Lorsqu’il est interrogé par Pilate, représentant des autorités romaines, lors d’un procès qui va le mener à la mort, Jésus déclare :

Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n’est pas d’ici-bas32.

Jésus n’est donc pas venu instaurer un royaume terrestre, doté d’une armée et utilisant la violence pour étendre ses frontières et imposer ses normes33.

Voilà donc pour l’image non-violente de Jésus, qui a de solides fondements. Est-ce que ces différents éléments signifient pour autant que Jésus est aux antipodes du Dieu de l’Ancien Testament ? Pour répondre à cette question, j’aimerais maintenant montrer des points de continuité.

Intransigeance morale

Premier point de continuité, Jésus se montre tout à fait intransigeant avec le mal. Comme H. Tincq le relève34, Jésus peut faire preuve d’une grande violence verbale, en particulier contre les chefs religieux de son époque, qu’il traite de race de vipères et sur qui il appelle le malheur.

Jésus montre aussi son intransigeance dans une autre partie d’un enseignement que j’ai déjà cité :

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’ Mais moi je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère mérite de passer en jugement ; celui qui traite son frère d’imbécile mérite d’être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d’être puni par le feu de l’enfer35.

L’Ancien Testament prévoyait la mort comme peine pour le meurtre, Jésus annonce le feu de l’enfer pour l’attitude meurtrière qui conduit à insulter son frère. Jésus ne diminue pas les exigences de Dieu, mais il déplace la sanction du niveau terrestre au niveau extra-temporel. Jésus parle d’ailleurs assez souvent de l’enfer : ténèbres du dehors, pleurs et grincement de dents, feu de la Géhenne, etc36 .

Jésus ne remet pas non plus en cause le fait que la culpabilité humaine mérite la mort. Lorsqu’on vient lui raconter la mise à mort de quelques Galiléens par les autorités romaines, Jésus réplique :

Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont subi un tel sort ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d’attitude, vous périrez tous de même37.

Pour Jésus, chacun de ses auditeurs a besoin d’un changement d’attitude radical, sans quoi une mort violente les menace et est justifiée. En même temps, Jésus est connu comme l’ami des pécheurs, il fréquente les personnes que leur vie disqualifiait. Jésus offre la possibilité du changement de vie et du pardon. Ce pardon est ouvert à tous et ne dépend pas de la gravité des offenses commises, mais le refus de changer d’attitude n’en est que plus grave.

Jésus n’est pas non plus très différent en ce qui concerne le respect dû à Dieu. Plus précisément, il se considère comme le point focal du dessein de Dieu envers l’humanité ; il considère que celui qui le rejette, lui, rejette aussi Dieu le Père. En conséquence, Jésus annonce le jugement le plus terrible pour ceux qui l’auront rejeté ; les termes les plus choquants sont peut-être dans une parabole, une histoire que Jésus raconte pour illustrer son propos. Un noble part à l’étranger pour se faire couronner roi, mais ses concitoyens ne l’aiment pas et envoient une ambassade pour dire qu’ils ne voulaient pas que celui-là règne sur eux. À son retour, après avoir été couronné roi, il déclare «Quant à mes ennemis qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi38». Dans l’enseignement de Jésus, le retour du roi représente un retour de Jésus à la fin des temps ; le châtiment contre ceux qui l’auront rejeté est différé jusque là, et ne doit pas être appliqué par les croyants sur cette terre. Mais ce châtiment subsiste, et Jésus n’a pas cherché à en supprimer toute mention.

Dieu n’a cependant pas perdu toute capacité à tuer ceux qui se moquent de lui dans le temps présent. Dans l’Église des premiers temps, un couple a menti en prétendant qu’ils donnaient l’entier du prix de vente d’un champ à l’Église, alors qu’ils en avaient gardé une partie pour eux. À cause du mensonge — ils n’étaient ni obligés de vendre le champ, ni de donner l’argent à l’Église — cet homme et cette femme tombent raide mort par l’action directe de Dieu39. L’évènement reste assez unique, mais démontre que c’est bien le même Dieu saint qui était à l’œuvre en Israël et qui agit dans l’Église. À noter absolument, dans ce cas c’est Dieu qui a agi directement et ces gens sont mort sans qu’un humain ne les touche. Dans le Nouveau Testament, la pire sanction que l’Église applique est l’exclusion de la communauté chrétienne — et à l’époque, cela ne signifie pas être privé de tous ses droits civils, contrairement à certaines période du Moyen Âge. Le Nouveau Testament ne prescrit jamais ni coups, ni violence, ni mort pour des questions de croyance ou de comportement (il reconnaît le droit aux autorités civiles de porter l’épée pour punir les malfaiteurs, mais ce rôle n’est pas dévolu à la communauté des croyants40). Cette question est importante, parce que les exactions de l’Église se sont souvent produites lorsqu’elle pensait être le bras de Dieu pour manifester son jugement contre les méchants ou les impies. Or, le Nouveau Testament appelle expressément à ne pas essayer de manifester le jugement final de Dieu sur cette terre41. Les autorités civiles peuvent punir les malfaiteurs sur un plan humain, pour le maintien de la société. Mais nulle part dans le Nouveau Testament Dieu ne donne mission ou autorisation aux chrétiens de manifester sa colère envers qui que ce soit42.

La violence de Dieu et nous

Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous aurez compris que d’après la Bible, Dieu fait usage de la violence, et que cette violence est parfaitement justifiée par la méchanceté et la culpabilité humaine. Vous aurez compris que tout être humain mérite la colère de Dieu et sa manifestation violente. Vous aurez compris que Jésus n’a pas supprimé le lien entre méchanceté humaine et violence de Dieu. Si vous êtes comme moi, vous avez commencé à vous demander «qu’est-ce que je mérite, moi», et si vous êtes comme moi ça ne vous a pas tranquillisé. Si on prend vraiment la perspective de la Bible au sérieux, on est obligé de se demander «mais qu’est-ce qui va m’arriver 

On a vu que Jésus augmentait encore le niveau d’intransigeance morale démontrée dans l’Ancien Testament, mais qu’il mettait plus l’accent sur un châtiment à la fin des temps que sur la punition présente et immédiate des pécheurs. Mais s’il n’a fait que ça, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle, parce qu’on ne peut que craindre le jour du jugement.

Et du point de vue de Dieu, il y a une tension. Dans sa justice, Dieu déclare que celui qui fait le mal mérite la mort, et il ne peut pas se renier. Dans son amour, il ne prend pas plaisir à faire mourir le méchant. Il y a bien sûr l’appel à ce que le méchant change de vie, mais combien le font vraiment ? Arrivons nous à changer, à ne plus pratiquer le mal ?

C’est là qu’il faut parler de la suite du plan de salut de Dieu, celle qui passe par Jésus. L’humanité mérite la colère de Dieu, et ne peut pas porter cette colère sans être détruite. En Jésus, Dieu a pris les devants. Dieu lui-même est devenu un homme. Jésus, cet homme-Dieu, n’a jamais fait le mal, n’a rien fait qui mérite la colère de Dieu. Mais quand Jésus meurt sur la croix, il prend sur lui la colère et la violence de Dieu. Ce sont les hommes qui clouent Jésus sur la croix, dans un ultime acte de rébellion contre Dieu ; mais au travers de cet acte, c’est la colère de Dieu contre la méchanceté humaine qui se manifeste. Sur la croix, Dieu se fait la victime de sa propre violence et de la méchanceté humaine. Dieu prend sur lui-même le châtiment que toutes les fautes de l’humanité méritent. Il a lui même subi sa colère, pour que l’humanité puisse en être libérée.

Maintenant, dans quelle situation cela nous met-il ? Ce que Dieu nous demande, c’est de reconnaître que nous faisons le mal et que nous méritons sa colère, de croire et d’accepter qu’il a lui-même porté cette colère en Jésus-Christ, d’entrer dans une relation renouvelée avec lui, et de nous laisser transformer par lui. Dieu propose d’avoir avec lui une relation d’où la violence, la crainte et la culpabilité ont disparu. Pas parce que le mal ne serait pas mal, pas parce que Dieu n’aurait pas le droit d’utiliser la violence, mais parce qu’il a pris sur lui toute les conséquences morales de nos fautes. À vous, à chacun de voir s’il veut accepter cette offre de Dieu.

J’aimerais encore illustrer un peu la situation de l’humanité face à Dieu. Nous sommes dans une ville qui s’est rebellée contre son roi. La ville est assiégée, et il est clair que ses jours sont comptés. À l’intérieur de la ville, les autorités sont tyranniques, les habitants se tuent et se maltraitent mutuellement, et ils manquent de tout. L’armée assiégeante est simultanément en train de poursuivre la bataille, et simultanément en train de faire offre sur offre de paix. Le roi promet le pardon à tous ceux qui sortiront de la ville, il annonce qu’il prend entièrement en charge le coût de la guerre et de la reconstruction, il promet nourriture, soin et réconciliation à tous ceux qui se rendent. Face à cela, les habitants de la ville ne répondent que par les insultes, les provocations et par la poursuite de leurs vains efforts, et tuent les messagers s’ils y arrivent. Un jour, la ville va tomber, et ce jour là les rebelles seront jugés comme tels. Mais le roi laisse passer du temps, il espère encore pouvoir sauver une plus grande partie des habitants. C’est là notre situation ; à rester dans la rébellion, nous ne faisons que risquer le jugement qui vient, et lorsque nous reprochons à Dieu sa violence, nous ne faisons que nous plaindre des malheurs d’une guerre que nous avons provoquée et que nous prolongeons.

Le temps présent est le temps de la patience de Dieu, c’est le temps qu’il laisse pour qu’un plus grand nombre acceptent son offre de pardon et de paix. Dieu «fait preuve de patience envers nous, voulant qu’aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance43».

Peut-être que le contenu de cet article vous choque, qu’il ne fait que confirmer que les chrétiens doivent être des malades. Peut-être qu’ils vous aide à comprendre ce que les chrétiens pensent, mais que cela ne vous donne aucune envie de croire en ce Dieu. Dans ce cas, je vous remercie de m’avoir lu, et j’espère que vous aurez trouvé là des informations utiles. Peut-être aussi que cet article vous déstabilise. Il se peut que, chrétien ou non, vous croyiez en Dieu et que cet article bouscule l’image que vous en avez. Peut-être que cela vous pose la question «mais qui est vraiment Dieu», et que cette question devient brûlante. Comme chrétien, je ne peux que vous diriger vers la Bible, que je vous encourage à lire, seul ou avec d’autres personnes. Peut-être aussi que cet article répond à une objection qui vous empêchait de devenir chrétien, ou bien qu’il vous a fait comprendre la nécessité de croire en Jésus-Christ. Dans ce cas, vous pouvez prier pour accepter l’offre de paix que Dieu nous fait, et en parler dès que possible avec un chrétien de votre entourage en qui vous avez confiance.

Jean-René Moret, Novembre 2016

  1. Pour en finir avec Dieu (2006), Richard Dawkins (trad. Marie-France Desjeux-Lefort), éd. Robert Laffont, 2008, p. 38 – d’après fr.wikiquote.org/wiki/Richard_Dawkins.
  2. La question d’une incohérence entre Jésus et l’Ancien Testament est abordée plus en détail dans le petit livre Dieu est-il cohérent?, Émile Nicole, 2007, PBU – Farel
  3. Dieu a tué 2,8 millions de personnes dans la Bible
  4. Voir aussi l’article Pourquoi parle-t-on d’un ancien et d’un nouveau testament ?.
  5. Voir Genèse, chapitre 4. La Bible est formée de 66 livres, chacun divisé en chapitres et versets. Nous indiquerons dans cet article les références bibliques en forme courte, par gain de temps et d’espace, sous la forme «Livre chapitre.versets». Les références indiquées peuvent être consultées dans leur contexte dans une Bible imprimée ou sur des sites qui proposent son texte complet, comme lire.la-bible.net.
  6. Juges, chapitre 19.
  7. Il faut cependant observer que dans le contexte de la société d’époque, ce principe limite d’une part l’ampleur de la vendetta : la tendance aurait été de se venger pour plus que la perte subie. De plus, William Ian Miller, An Eye for an Eye, Cambridge University Press, 2006 montre que le plus souvent, le but d’une telle règle est davantage de permettre à la victime de négocier une indemnisation réellement équitable que d’appliquer littéralement la sanction. La formule est aussi remarquable en ce qu’elle ne dépend pas des classes sociales, là où dans bien des sociétés la sanction aurait dépendu du rang de l’offenseur et de l’offensé.
  8. Voir par exemple Josué, chapitre 6, verset 21.
  9. Deutéronome 20, versets 10 à 20.
  10. Je profite de réagir à une accusation spécifique. L’un des articles cités en introduction déclare :

    « Le livre le plus sanglant est de loin le Deuxième livre des Chroniques, dans lequel Dieu aide Asa à tuer près d’un million d’hommes de l’armée de Zérach le Kushite, qui voulait l’envahir (Article Dieu a tué 2,8 millions de personnes dans la Bible.). »

    L’article parle d’un Dieu assassin, mais son exemple le plus massif est dans le cas d’une guerre d’invasion, où Dieu vient en aide à Israël face à une armée supérieure en nombre. Peut-être y a-t-il un peu d’hyperbole quand le texte déclare «qu’il tomba tant de Kushites qu’ils n’eurent aucun survivant»(2 Chroniques 14.12.), mais peu importe, chacun des morts de cet épisode est un soldat tombé dans une bataille. Quoi que l’on pense de la guerre, les soldats tués au front, d’autant plus quand ils appartiennent à une force d’invasion, n’ont pas été assassinés. D’autres épisodes sont similaires, tels les 185’000 envahisseurs assyriens frappés à mort par Dieu en 2 Rois 19.35.

  11. Exode 7.14–12.36
  12. 2 Samuel 6.6–7.
  13. 2 Rois 2.23-24.
  14. Genèse 6-8.
  15. Je peux cependant relever quelques points où notre culture est particulièrement distante des conceptions de l’époque, et où cela nous rend plus difficile d’admettre le contenu des textes. En soulignant ces points, je ne propose pas d’évaluer les différentes positions, mais je les porte simplement à l’attention du lecteur. Un premier point est le rapport à la punition. Pendant des siècles, ils paraissait assez évident qu’une faute méritait une punition, et que cela était dans l’ordre des choses. Depuis le XXe siècle, l’idée de punition comme accomplissement de la justice a été fortement rejetée, au moins dans certains cercles. On réfléchit aux sanctions judiciaires sous l’angle de leur utilité : protection de la société, dissuasion des criminels potentiels ou capacité à changer le comportement du malfaiteur. L’idée d’un lien naturel entre faute et punition est souvent rejetée comme barbare ou immorale (en anglais, une bonne réflexion au sujet de cette évolution est l’article «The Humanitarian Theory of Punishment», de C. S. Lewis). Un deuxième point est la question des châtiments collectifs. Notre culture occidentale contemporaine est très individualiste, et nous considérons que chacun doit être traité selon ses mérites personnels, indépendamment de son appartenance à un groupe plus large (famille, tribu, pays, etc.). Beaucoup de cultures de l’Antiquité (et beaucoup de cultures non-occidentales) mettent un poids beaucoup plus grand sur l’appartenance à des groupes ; l’identité collective peut être plus importante dans ces cultures que l’identité individuelle. Dès lors, la notion qu’un groupe puisse être coupable et mériter collectivement un châtiment était beaucoup plus acceptable, voire même logique. Troisièmement, nous pouvons être choqués par les souffrances provoquées par la violence de Dieu. Ils faut se rendre compte que notre époque tend à considérer la souffrance comme le mal ultime. Dès lors, nous nous posons beaucoup de questions en termes de souffrance. Il n’en a pas toujours été ainsi ; dans d’autres cultures, le mal suprême était le déshonneur, ou l’injustice, ou la rupture des liens familiaux, etc. On était alors prêt à souffrir ou à infliger de la souffrance pour obtenir un bien plus grand. La souffrance faisait aussi davantage partie de la vie avant les analgésiques et la médecine moderne ; pendant des millénaires on a considéré que la souffrance était normale dans l’existence humaine. Maintenant qu’on l’a quelque peu fait reculer, on trouve toute souffrance scandaleuse. Je ne veux pas dire que la souffrance serait un bien, mais donner une certaine mise en perspective.
  16. Genèse 9.5–6.
  17. Genèse 6.5–7.
  18. Genèse 15.16 — c’est moi qui souligne.
  19. Deutéronome 32.39, comparer 1 Samuel 2.6.
  20. Ainsi, les autorités civiles et judiciaires sont considérées comme étant au service de Dieu (Romains 13.1-7).
  21. Mais aussi dans l’épisode où un homme touche l’arche de l’Alliance alors qu’il n’y a pas droit, en 2 Samuel 6.6–7, dans les nombreux épisodes où le peuple d’Israël se révolte contre Dieu durant leur séjour au désert, ou, dans le Nouveau Testament, en Actes 12.20-23.
  22. Psaume 130.3.
  23. Voir par exemple Deutéronome 4.5-8.
  24. P. ex. Deutéronome 7.1–6.
  25. Juges 1.21–2.3.
  26. Deutéronome 28.15–68.
  27. Sur ces questions, je suis redevable à la conférence Génocide et violence de Dieu dans l’Ancien Testament de Gert Kwakkel (22 avril 2015, Renens, Suisse), dont je recommande l’écoute.
  28. «Tu aimeras ton prochain» est un principe déjà contenu dans l’Ancien Testament (Lévitique 19.18) ; le principe «tu haïras ton ennemi» n’en fait par contre pas partie. Par contre, Jésus fait probablement allusion à la manière dont l’humanité fonctionne en règle générale, et cela semble assez réaliste.
  29. Matthieu 5.38–39, 44–47.
  30. On peut lire ce récit en Jean 8.1–11.
  31. Jean 19.36.
  32. C’est l’occasion de rebondir sur une affirmation d’Hervé Tincq, qui écrit :

    « Jésus demande enfin à ses disciples de se munir d’une épée quand ils auront à témoigner de lui dans le monde. » (Christianisme: Jésus n’est pas le pacifiste que vous croyez et sa religion est persécutrice, fin de la partie 1.)

    Il y a bien un moment où Jésus dit à ses disciples de se munir d’épées, mais ce n’est précisément pas le moment où il les envoie témoigner dans le monde. Cette parole se situe dans un entretien de Jésus avec ses disciples, juste avant que Jésus soit arrêté puis crucifié. Il vaut la peine de le citer avec contexte :

    Et il leur dit : « Lorsque je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » Ils répondirent : « De rien. » Il leur dit : « Maintenant, par contre, celui qui a une bourse, qu’il la prenne ; de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une. Car, je vous le déclare, il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Ecriture : On l’a compté parmi les criminels. Et, de fait, ce qui me concerne va être accompli. » – « Seigneur, dirent-ils, voici deux épées. » Il leur répondit : « C’est assez. »(Luc 22.35–38)

    Le moment où Jésus a envoyé ses disciples sans bourse ni sac est celui où il les a envoyé témoigner de lui (Luc 10.1–12). Dans le passage ci-dessus, Jésus met l’accent sur la détresse des disciples lorsqu’il sera arrêté. L’instruction d’obtenir des épées met en avant l’insécurité vers laquelle ils vont. Le fait que Jésus soit satisfait lorsqu’on lui présente deux épées (pour aux moins 11 disciples présents) montre qu’il ne comptait pas effectuer un coup de force — et même, on peut se demander si cela donne plus qu’une fonction d’intensité dramatique à la mention des épées. On peut éventuellement tirer de ce passage une légitimation du port d’arme pour défense personnelle, mais certes pas pour l’évangélisation par la force.

  33. Article cité plus haut.
  34. Matthieu 5.21–22
  35. Sur la question de l’enfer, voir :

  36. Luc 13.2–3 — voir en contexte.
  37. Luc 19.11–27 pour l’ensemble de l’histoire — elle a un autre sujet principal, à côté du point présenté ici qui est un peu annexe.
  38. Actes 5.1–11.
  39. Romains 13.3-5.
  40. 1 Corinthiens 4.5 ; Matthieu 13.24-30, 36-43.
  41. Il y a un passage assez notable où les disciples de Jésus proposent de demander au feu du ciel de descendre sur un village qui a refusé de les accueillir, et où ils se font sévèrement reprendre : Luc 9.51–56.
  42. 2 Pierre 3.9.
Posted in Articles.

One Comment

  1. Pingback: Psychopathe ou pacifiste : Dieu et la violence dans la Bible – Foi en questions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *