Y-a-t-il des contradictions entre les Évangiles ?

Un internaute nous a posé cette question : “j’ai entendu plus d’une fois que les Évangiles comportaient des incohérences et des contradictions entre eux”, qu’en est-il vraiment ?

En lisant les Évangiles, on s’aperçoit rapidement qu’ils racontent une même histoire, celle de la vie de Jésus de Nazareth. Et beaucoup de récits et de discours se retrouvent rapportés dans plusieurs Évangiles. On y rencontre Jésus, ses enseignements, ses miracles, les lieux où il s’est rendu, les foules qui l’attendent, les oppositions et les gens qu’il a rencontré.

Et si toute personne qui lira l’ensemble des quatre Évangiles se rendra bien compte des très grandes similarités, il remarquera pourtant qu’il y a entre eux des différences significatives. En effet, chaque auteur des Évangiles a écrit un récit avec un regard qui lui est propre, rapportant des détails que d’autres ne donnent pas toujours. Ces différences entre les Évangiles,  les sceptiques du Christianisme n’ont pas hésité à les appeler des “contradictions”. Ont-ils raison ?

D’abord c’est quoi une contradiction ?

Une contradiction est deux affirmations qui de façon absolue ne peuvent pas être vraies en même temps et sont irréconciliables.
Par exemple “le seul chat que je possède actuellement est tout blanc” est en contradiction avec l’affirmation “le seul chat que je possède actuellement est tout noir”. Une phrase de type ‘j’ai un chat noir” n’est pas contradictoire avec “j’ai un chat blanc”, car on peut avoir deux chats en même temps, et si la personne affirme ces  deux phrases, on ne doit pas conclure qu’elle se contredit, mais plutôt qu’elle a deux chats différents. De même quelqu’un peut avoir parlé de son chat blanc, puis plus tard de son chat noir, il peut avoir perdu son animal de compagnie et l’avoir remplacé par un autre. Il y a une énorme différence entre supposer une contradiction, par manque de précisions, et en prouver une.

Pourquoi des différences entre les Évangiles ?

Chaque évangéliste étant limité par les moyens à sa disposition, chaque auteur d’un Évangile a dû faire le choix de  mettre l’accent sur certains aspects plus que d’autres de la vie de Jésus et de son enseignement.

Ainsi par exemple, Matthieu construit son Évangile en soulignant les éléments de comparaisons qui existaient entre Jésus et Moïse, parce qu’il destine son Évangile aux Juifs,  pour ce faire, il est celui qui rapporte le plus de miracles, de rencontres et d’enseignements du Christ, ce qui l’oblige à synthétiser beaucoup.

Luc écrivant pour des communautés de chrétiens d’origine grecque, choisit de rapporter davantage de récits où Jésus entre en relation avec des non-Juifs, et passe plus de temps à expliquer des citations de l’Ancien Testament, et à donner la traduction des expressions hébraïques.

Marc choisit quelques enseignements et miracles particulièrement significatifs qui viennent démontrer la Messianité de Jésus, il s’attache aussi davantage que les autres à raconter la relation qui lie Jésus à ses disciples.

Jean écrit plusieurs années plus tard et choisit d’apporter des détails et des développements manquant aux autres Évangiles. C’est pourquoi son Évangile donne un éclairage exceptionnel sur la signification profonde de la vie et des paroles du Christ. Jean se remémore les miracles les plus significatifs, les enseignements les plus intimes donné par le Christ à ses disciples, et ses prières.

Paradoxalement, ces différences entre les Évangiles démontrent qu’ils ont été écrits par des anciens disciples de Jésus ou par des proches des apôtres, et que ces Évangiles ne se sont pas bêtement copiés les uns sur les autres. Cela doit donc nous amener à regarder chaque Évangile comme un témoignage fiable et indépendant sur la vie de Jésus de Nazareth, sur sa vie, sa crucifixion et sa résurrection.

 

Alors : différences ou contradictions ?

Maintenant, jetons un coup d’oeil sur les plus sérieuses “contradictions” que les sceptiques voient dans les Évangiles. J’en liste les trois principales, les plus souvent soulevées, mais il en existe bien d’autres.

  • Marc rapporte la présence d’un ange dans le tombeau du Christ ressuscité (Marc 16.6) , là où Luc en rapporte deux (Luc 24.4) Réponse : Ce serait une contradiction si Marc avait dit explicitement qu’il n’y avait qu’un seul ange dans le tombeau, ce qui n’est pas  le cas. Luc cherche à décrire la scène avec précision, tandis que Marc met l’accent sur un seul des deux anges qui était là, parce que c’est celui-là qui a parlé au groupe des femmes venues au tombeau. Les deux affirmations sont donc vraies en même temps.
  • Matthieu dit qu’à Capernaüm, un centurion romain vint faire à Jésus une demande, celle de la guérison de son serviteur (Matthieu 8.5), et Luc rapporte que le centurion a fait cette demande par l’intermédiaire d’envoyés (Luc 7.2).
    Réponse : Les deux passages mentionnent la même ville, la même histoire d’un centurion demandant à Jésus la guérison de son serviteur. La différence étant que Matthieu va au plus court, écarte les détails secondaires, et ne mentionne pas que cette demande s’est faite par l’intermédiaire d’envoyés qui rapportent à Jésus les paroles du centurion et au centurion les paroles de Jésus.
    Si je dis “le président a fermé les frontières”, cela n’implique pas que le président ait lui-même fermé les barrières. La flexibilité du langage permet ce genre de raccourci stylistique, il ne s’agit donc ni d’une contradiction, ni d’une erreur.
  • Matthieu rapporte qu’à la crucifixion, les deux brigands crucifiés aux côtés de Jésus, l’insultaient (Matthieu 27.44). Pourtant Luc nous dit qu’un des deux brigands s’est opposé aux moqueries de l’autre et à reconnu la seigneurie de Jésus (Luc 23.39).
    Réponse : Chronologiquement les deux affirmations sont vraies. Les deux brigands ont commencé à se moquer de Jésus et à l’insulter. Puis après que Jésus ait fait cette prière “Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font” (Luc 23.34), Dieu exauce la prière du Christ, et l’un des brigands, témoin de la sainteté du Christ est accusé par sa conscience. Il se tourne vers Jésus et lui dit “pour moi c’est justice, mais toi, souviens-toi de moi quand tu reviendras dans ton règne”. C’est ce qu’on appelle la repentance et la conversion. Le brigand croit et Jésus lui répond en lui adressant la promesse “je te le dis aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis”, que saisissent tous ceux qui se tournent vers Jésus pour être sauvés. Là encore, absolument pas de contradiction en vue.

Je pourrais continuer comme cela longtemps. Lorsque chaque exemple supposé de “contradiction” est replacé dans son contexte chronologique, lexicographique et linguistique, il n y a plus de contradiction qui tienne, mais simplement des simplifications et des “coups de projecteurs” mis sur des choses différentes.

Conclusion

Force est de constater qu’en deux-mille ans d’opposition au Christianisme, les apologètes païens, musulmans puis athées, n’ont pas pu apporter une seule preuve concluante et sûre de contradiction dans tous les Évangiles. Au lieu de les discréditer,  les différences entre les Évangiles apportent par la diversité des regards et la multiplicité des détails, un témoignage complet et vivant sur la personne du Christ, son enseignement, et l’oeuvre de Salut qu’il a accompli pour tous ceux qui croiront en son nom.

 

 

 

ps:  J’ajouterai directement dans cet article de nouveaux exemples de réponses, au fur et à mesure des commentaires et des questions en liens à la question des contradictions dans les Evangiles.

 

Par Charles B.  Août 2019

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