Ukraine : fin de l’insouciance?

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Les derniers évènements …
https://twitter.com/martin_u/status/449111238040367104/photo/1

 

Début 2014. Suite à des manifestations durement réprimées, un président ukrainien pro-russe est déposé. La Russie réagit en prenant le contrôle de la Crimée, qui appartenait à l’Ukraine, en invoquant un danger pour ses citoyens, à cause des nationalistes Ukrainiens. Un vote référendaire sous l’occupation vient opportunément justifier le mouvement. Les principes d”intangibilité des frontières et de souveraineté nationale sont mis à mal. Les démocraties occidentales réagissent mollement.

On condamne les évènements, on déplore, on parle beaucoup. On mentionne des sanctions économiques, mais elles restent très pâles : l’économie européenne n’est pas remise de la crise, et couper les ponts avec la Russie et ses ressources en gaz naturel couterait cher. Entre des principes fondamentaux et quelques points de croissance, le choix est vite fait. D’action militaire, il n’est pas question.

Déjà vu ?

Winston Churchill, 1941. Source : wikimedia commons

Winston Churchill, 1941.
Source : wikimedia commons

On se croirait revenu en 1938. Prétextant l’oppression des minorités germaniques en Tchécoslovaquie (démocratique à l’époque), Hitler occupe les Sudètes, une région de ce pays1. Les pays voisins s’insurgent, et une conférence a lieu à Munich. Les nations démocratiques finissent par s’incliner, et admettre l’annexion des sudètes, contre la promesse qu’Hitler en restera là. La réaction de Winston Churchill (alors politicien d’opposition au Royaume-Uni) est restée dans les mémoires : « messieurs, vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ».Dégoûtées par le charnier de la première guerre mondiale, les démocraties s’étaient promis que ce serait « la der des der ». Mais face à un adversaire déterminé, des bonnes intentions et des belles paroles ne suffisent pas.

A quoi nous attendre ?

Pour aujourd’hui, la question se pose : « que va-t-il advenir ensuite ? ». Mes parents ont grandi durant la guerre froide, avec en arrière plan la menace de l’apocalypse nucléaire ou des chars soviétiques. Ils étaient conscients que leur monde pouvait disparaître d’un jour à l’autre. Pour moi et ma génération, il semblait admis que notre monde et notre mode de vie se maintiendrait tel quel. Bien sûr, il y a les inquiétudes économiques, les questions d’emploi et de croissance. Mais l’hypothèse d’une guerre à nos portes, d’une conflagration mondiale semblait bien éloignée. Aujourd’hui, qui saurait le dire ?

Notre société nous promet implicitement paix et sécurité, un accès aux biens de consommation nécessaire et une relative stabilité. On peut maintenant se demander si ces promesses seront tenues, si on fait bien de s’y fier.

Que faire ?

Loin de moi de proposer une réponse va-t-en-guerre, de penser que par notre détermination ou un renforcement de notre système nous pourrions assurer la vie que nous souhaitons. Avec de telles promesses, on court le risque de créer chez soi un système aussi oppressif que celui qu’on prétend combattre à l’étranger. Bien plutôt, je demanderais : existe-t-il une assurance et une confiance qui ne dépende pas des circonstances politiques et de la réussite d’un système ?

C’est précisément ce que promet Jésus : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. »2

et ailleurs : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; 26et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ». 3

Jésus ne promet pas une paix des armes ou une stabilité politique, il promet une paix qui ne dépend pas des circonstances, une vie qui va au-delà de la mort, une joie qui dépasse les peines de ce monde. L’assurance de l’amour de Dieu ne peut pas être retirée par l’évolution de la situation internationale. Belles promesses, me direz-vous, mais peut on s’y fier ? Je répondrais par un regard historique : pendant les 3 premiers siècles de notre ère, les chrétiens étaient une minorité non reconnues. Ils n’avaient pas d’état qui soit le leur, pas de sécurité garantie par l’empire romain, une situation juridique précaire. La première génération a vécu la chute de Jérusalem, le lieu ou tout avait commencé, et dès lors les chrétiens on formé un « peuple » dispersé parmi les nations, sans souveraineté ni garantie. Durant ce temps, il n’ont pas seulement survécu mais crû, voire explosé. Pourquoi ? Parce que ce qu’il trouvaient dans la foi en Jésus-Christ dépassait tout ce que les circonstances leur imposait, au point d’attirer petit à petit une large frange de la population impériale. J’en suis convaincu, si Jésus-Christ pouvait fortifier les premier chrétiens sous l’empire romain, il pourra bien tenir ses promesses pour ceux qui croient en lui quoi qu’il arrive. Voulez-vous avoir également cette confiance et cette assurance ?

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  1. Voir une très bonne carte montrant le sort du pays après Munich
  2. Jean 14.27, traduction œcuménique de la Bible.
  3. Jean 10.10, TOB.
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3 Comments

  1. Mouais, je veux bien que la Russie ne soit pas une puissance politique très bienveillante, mais le point vue adopté en début d’article me parait un peu trop influencé par la propagande occidentale sur le sujet, trop polarisé. Je considère que l’on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé dans ce pays qu’est l’Ukraine, parce que le lobbying et les manœuvres occidentales dans les révolutions de cette dernière décennie ont été trop importants et ont déstabilisé trop de pays. Ianoukovitch était véreux, c’est certain, mais valait-il la peine de faire exploser un pays pour le virer en soutenant des politiciens pas forcément meilleurs, mais qui promettaient simplement de faire tourner le pays vers l’Occident ?

  2. Cela simplement pour dire qu’en termes de ligne éditoriale, je trouve dommage de démarrer un article sur ce site d’apologétique en prenant position de manière forte sur un sujet politique potentiellement polémique, pour lequel une prise de position chrétienne et fondée bibliquement est difficile à mettre en place dans la mesure où nous n’avons pas toutes les informations en main… il eût été tout aussi simple de dire la même chose mais en disant que ce sont les médias français qui disent cela, et que telle ou telle personnalité politique a estimé que, etc.
    Ma motivation en écrivant cela est simplement de me dire que des étudiants russes parlant le français pourraient être détournés de lire la suite, et assimiler les chrétiens bibliques à une certaine vision géopolitique qui n’est peut-être pas la leur.
    Mais sinon la suite est très intéressante et bien écrite !

  3. D’accord avec ces remarques. L’article (j’en suis l’auteur) présuppose un point de vue occidental sur la question Ukrainienne. Le fond de la démonstration est que les démocraties occidentales ne se donnent pas les moyens de ce qu’elles prétendent défendre et promettre. On pourrait tout à fait faire le symétrique, voire ce que la Russie veut offrir, et on arriverait de même à la conclusion qu’on ne peut pas y placer son assurance.
    Par principe je ne modifie pas le texte publié, mais on pourrait le préfacer par “admettons que les occidentaux soient les gentils…”. Effectivement le but du site n’est pas de dire si ils le sont ou pas. Merci des réactions!

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