Retour au pire

Le monde est redevenu brutal. En réalité, il n’a jamais cessé de l’être. Mais les sociétés occidentales avec leur opulence économique, leur démocratie libérale et la protection du « shérif du monde libre » pensaient que les régimes méchants et injustes se situaient loin, très loin d’elles. Bien entendu, il y a eu des incursions sanglantes qui ont troublé la volupté des pays riches mais elles étaient commanditées par des « barbares de l’extérieur », des ennemis de notre civilisation évoluée, intelligente, modérée et tolérante.

Puis les électeurs déclassés ont voté pour des candidats de rupture et l’ambiance pondérée a changé. L’élite raisonnable et rationnelle a assisté avec sidération à une montée des colères, un succès des extrêmes. C’est celui qui hurle le plus fort, qui excelle dans l’outrance, qui a raison. Peu importe qu’il mente ou se trompe : sa vision du monde est enviable donc elle est vraie. Les faits sont secondaires, la réalité est imposée par les plus forts et les plus influents. C’est le retour des empires, le retour des nationalismes, des blocs hostiles. On se croirait revenu un siècle plus tôt. Finalement, après la boucherie de 14-18, la barbarie nazie, l’horreur des épurations en tout genre et des totalitarismes, le monde est toujours le même… avec une crise climatique en sus ! Les grandes promesses de la fin du XXème siècle étaient illusoires.

La Bible disait donc vrai à propos des humains !

Devant ce ré-ensauvagement généralisé, il est utile de se (re)pencher sur la notion fondamentale de Péché. Dans la Bible, le Péché est d’abord une rébellion de l’Humanité contre Dieu, source de la vie, de la connaissance et du bien. Et la conséquence logique pour nous, c’est notamment une déchéance morale, émotionnelle, psychique et intellectuelle. Cet état funeste nous intéresse à plus d’un titre car il donne une explication extrêmement pertinente quant au surplace éthique dont nous sommes victimes. On pourrait même pousser jusqu’à dire que l’anthropologie biblique (sa vision de l’Homme) est probablement la preuve la plus éclatante que le christianisme est authentiquement d’origine divine. Je sais, cette affirmation est étonnante car traditionnellement la prédication chrétienne met l’accent sur le sacrifice de Jésus sur la Croix qui sauve ceux qui mettent leur foi en Lui ainsi que sur sa résurrection qui leur promet la vie éternelle. Pourtant, s’il est facile de remettre en cause la signification réelle de la Croix (= Jésus est mort et c’est tout) ou la réalité de la résurrection (qui pourrait être une histoire inventée par ses disciples), la réalité du Péché, elle, est très difficile à nier quand on regarde l’Histoire, l’actualité et même la vie quotidienne ! Depuis la nuit des temps, les humains ont un problème de logiciel qui les pousse à la bêtise, la méchanceté et la destruction. Depuis maintenant des siècles, les lumières de la raison sans Dieu font croire à une humanité naturellement bonne mais contrariée par un certain nombre de facteurs négatifs, depuis des siècles on nous promet une amélioration avec les progrès techniques et sociaux et… rien de décisif ne vient ! À quoi a servi le progrès technique ? À améliorer la vie courante, certes ! Mais aussi à tuer plus efficacement et en plus grand nombre d’autres humains pendant les guerres ou, dans le domaine numérique, à désinformer et abrutir des esprits souhaitant de la culture et du divertissement. À quoi a servi l’industrialisation ? Au développement économique et à une augmentation du niveau de vie général mais aussi à augmenter la fracture sociale, exploiter ses semblables et détruire son environnement. 

Le Péché comme meilleure explication

Il serait donc judicieux de se (re)pencher sur le concept biblique du Péché qui reste la meilleure explication à tous nos problèmes. Attention, j’insiste sur le mot biblique car pendant deux millénaires d’ère chrétienne, on s’est fait de nombreuses illusions à propos de la gravité de ce Mal qui nous pourrit la vie. En effet l’erreur fatale quand on veut répondre au problème du Péché (ou du Mal si vous niez encore l’existence du Péché), c’est de croire qu’on va pouvoir le contrer en appliquant des règles et des recettes. Les règles, ce sont souvent des lois qui contiennent le problème en réduisant ses effets grâce à des interdictions. Les recettes, ce sont des mesures qui permettent de mettre les individus dans les meilleures dispositions possibles afin qu’ils soient « la meilleure version d’eux-mêmes ». Mesures sociales pour améliorer le niveau de vie et réduire les inégalités ou développement personnel pour stabiliser les émotions et le caractère, c’est le pendant positif des interdictions. Tout cela est clairement bon et salutaire, d’ailleurs la Bible contient de nombreuses règles (les 10 commandements par exemple) et mesures positives. Pourtant, cela n’a rien changé au coeur des Israélites des temps bibliques qui se sont débrouillés pour continuer à pécher en détournant les règles de vie censées les diriger, tout comme le cadre de vie très privilégié des Occidentaux (comparé aux pays émergents) ne les empêche pas d’être égoïstes, méchants ou malheureux. 

Il suffit que quelques paramètres de notre vie changent, que la pression des incertitudes se fasse plus forte, que la tentation de la haine de l’autre s’intensifie pour que nous nous transformions en monstres. On sait que les situations extrêmes sont propices à montrer notre nature profonde. C’est le thème d’une célèbre chanson dont voici le refrain :

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres

Caché derrière nos apparences

L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau ?

Ou le pire ou le plus beau ?

Serions-nous de ceux qui résistent

ou bien les moutons d’un troupeau

S’il fallait plus que des mots ?

JEAN-JACQUES GOLDMAN, « NÉ EN 17 À LEIDENSTADT »

Mais sans aller dans les extrêmes de l’histoire humaine, nous constatons déjà dans notre quotidien qu’il suffit d’un petit cumul de contrariétés, de quelques heures de sommeil manquantes et d’un repas encore trop lointain pour changer des personnes pondérées et flegmatiques en barils de nitroglycérine pouvant exploser à tout moment ! Si nous nous considérons comme des gens bien, peut-être est-ce parce que nous n’avons jamais eu à affronter de circonstances particulièrement déstabilisantes. Combien de personnes, après une réaction explosive, se sont exclamées « Je ne comprends pas pourquoi j’ai réagi ainsi, cela ne me ressemble pas, je me dégoûte », parce qu’elles ont vécu un événement qui a actionné un levier interne complètement inconnu jusqu’alors… mais avec des conséquences parfois dramatiques ? Il est tellement facile de bien réagir en situation d’équilibre ! Or, nous constatons aujourd’hui une déstabilisation générale à l’échelle individuelle et collective qui douche nos espoirs de progrès et nous dirige vers des temps sombres faisant craindre les pires moments du siècle dernier. 

Aller mieux

Il est donc temps, répétons-le, de se pencher sur la racine du problème (et non sur ses symptômes) pour stopper le pire. Nous ne souffrons pas d’abord d’un mal moral, comportemental ou sociétal, nous souffrons de notre séparation d’avec notre Créateur. Nous sommes perdus, sans repères comme des brebis sans berger pour prendre soin d’elles. Mais la bonne nouvelle c’est qu’il existe une solution efficace pour contrer le Péché et aller mieux : Jésus est venu sur terre pour devenir le berger de ceux qui désespèrent d’eux-mêmes et il les réconcilie avec Dieu son père, allant même jusqu’à parler d’être adoptés par lui !  Mais ce n’est pas tout : après la connexion rétablie par l’œuvre extraordinaire de Jésus, le Saint Esprit peut alors opérer des miracles dans les cœurs… jusqu’à réorienter de fausses convictions, transformer des traits de caractère problématiques et modifier des comportements défaillants. Cette révolution interne qui fait décoller des vies est à la portée de tous et elle est aujourd’hui vécue par des millions de personnes à travers le monde. Il ne tient qu’à vous d’entrer dans le mouvement.

Vous pouvez toujours continuer avec l’humanisme, le développement personnel ou la pensée positive mais ça n’aboutira pas. C’est un changement de cœur, une transformation intérieure qu’il faut. Alors tournez-vous vers Jésus pour que ce soit lui, et non plus le Péché, qui soit le centre de votre vie. Si des millions, des milliards de personnes font cette démarche, peut-être ce monde brutal connaîtra-t-il un sursis ?

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