Believe Anything by Barbara Kruger at Hirshhorn, Washington, DC Steve Rhodes. Source : https://theconversation.com/explainer-what-is-postmodernism-20791

Pourquoi est-il difficile de croire en Dieu aujourd’hui?

Beaucoup de gens pensent que c’est tout simplement trop dur de croire en Dieu de nos jours. Au moins deux catégories de personnes peuvent se ranger derrière cette objection.

L’objection moderne

D’abord il y a les « modernes », dont la pensée est issue des « Lumières ». Depuis deux siècles, des savants ont prédit toutes les merveilles que l’esprit humain serait en mesure d’accomplir, à condition de se libérer de l’asservissement du fait religieux. L’esprit humain, nous dit la philosophie des Lumières, doit être autonome (i.e. : être sa propre loi). Le principe des Lumières est avant tout l’autonomie intellectuelle.

Bien sûr, si l’on compare les « Lumières » à ce qu’il s’est passé avant, on se rend compte qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil : la même importance accordée à l’autonomie se trouvait déjà chez les philosophes grecs et, globalement, partout où l’homme a essayé de penser sans Dieu. Bibliquement, l’autonomie est synonyme d’incrédulité. C’est dire : « je décide pour moi-même ». Pour ceux qui présupposent l’autonomie de l’homme, le message biblique du salut n’a aucun sens : puisque l’homme est autonome, comment peut-on croire en un Dieu qui contrôlerait tout, même notre salut ?

L’objection post-moderne

Et puis il y a les « post-modernes » qui ne croient pas que l’intelligence de l’homme puisse découvrir quelque vérité absolue que se soit. Les « post-modernes » croient parfois à certaines formes de réalité surnaturelle, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont prêts à admettre que le Dieu de la Bible existe peut-être. Le postulat des « post-modernes » est en effet le même que celui des « modernes » : l’autonomie de l’homme. Les « post-modernes » accepteront des croyances qui paraîtront étranges aux « modernes », mais ils ne les accepteront que sur leurs propres critères, selon leur propre autorité. Que les « post-modernes » rejettent l’idée de toute vérité absolue leurs permet même d’être encore plus autonomes, de sorte qu’ils peuvent choisir leurs propres croyances par eux-mêmes. Et pour ceux qui attribuent à l’homme une telle autonomie, croire en le Dieu de la Bible n’a aucun sens, parce que, précisément, la Bible énonce une vérité qui se veut absolue.

La soif d’autonomie

Ainsi, quels que soient les arguments que l’on avance pour affirmer qu’on ne peut pas croire de nos jours en un Dieu personnel, le vrai problème, c’est que croire dans le Dieu de la Bible et croire en sa propre autonomie morale est absolument contradictoire. C’est pourquoi il est si dur « de nos jours » de croire en un tel Dieu : le non-croyant présuppose dès le début que Dieu de la Bible ne peut pas exister, parce que sinon ça veut dire que l’homme n’est pas autonome. Ce qu’on ne doit, bien sûr, pas remettre en question…

Alors, comment croire de nos jours en quelque chose que beaucoup trouvent impossible à croire ? Eh bien, il nous faut d’abord changer de mentalité, et accepter que nous ne sommes pas notre propre loi. Il faut avoir le courage de rejeter le mythe de l’autonomie de l’homme – ni notre existence ni notre pensée ne sont autonomes ! Une fois que nous avons renoncé à croire au mythe de notre autonomie et que nous avons accepté que notre esprit a été conçu par notre créateur et que, par conséquent, nous ne devrions pas être notre propre maître à penser, alors nous serons enfin vraiment libres de nous voir tels que nous sommes : des hommes qui font le mal devant Dieu, qui ne méritent rien d’autre que sa colère et qui ont par conséquent besoin d’un sauveur. Et nous trouverons alors que, gratuitement, le Dieu de la Bible exonère ceux qui se reconnaissent tels qui sont, ceux qui font confiance à Jésus pour leur salut parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent se sauver de façon autonome.

© Pierre-Sovann Chauny

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