Quel sens donner à la vie ?

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On attribue à Antoine de Saint-Exupéry la réflexion suivante : « La vie ne mérite d’être vécue que si elle a un sens ». Pour Frédéric Lenoir, ancien directeur du Monde des Religions, « La question du « sens de la vie » refait surface en Occident. Après l’effondrement des grands systèmes religieux et des idéologies politiques, chacun d’entre nous est renvoyé à lui-même et s’interroge sur ce qui fait vraiment sens pour lui. »1

Certaines périodes de la vie nous conduisent de manière plus directe à cette question du sens. L’adolescence, la naissance d’un enfant, le décès d’un proche, une perte d’emploi, les crises des dizaines, sont autant d’occasions de nous remettre en question, souvent douloureusement. Chez certains la question du sens est permanente, lancinante…

A l’ère d’internet et du tourbillon de la vie hyper connectée, certains ont trouvé la solution :

Le sujet est vaste, très personnel, et nous allons esquisser quelques pistes en quatre questions : la vie devrait-elle avoir un sens ? D’un point de vue concret, quel sens l’être humain donne-t-il à sa vie ? La mort n’invalide-t-elle pas tout questionnement sur le sens de la vie ? Et enfin : en quoi Jésus peut-il donner un sens à notre vie ?

La vie devrait-elle avoir un sens ?

Est-ce que cela a un sens de se poser la question du sens de la vie ? La réponse est clairement oui, même si de nos jours beaucoup essaient d’éviter de s’interroger sur le sujet.

Le philosophe Arthur Schopenhauer déclarait : « Qui ne s’interroge pas est une bête, car le souci constitutif de toute vie humaine est celui de son sens ».2

Les grands systèmes philosophiques et religieux de l’humanité se sont tous emparés de cette question existentielle pour y répondre à leur manière.

Pour le platonisme, le sens de la vie est d’atteindre le monde des Idées, la forme de connaissance la plus pure qui soit. Pour la pensée aristotélicienne, la vie a pour objectif la recherche du bonheur suprême. L’hédonisme épicurien met en avant la recherche d’un plaisir tranquille dénué de souffrance. Les stoïciens veulent une vie en harmonie avec le logos, le principe d’ordre de l’univers, par une maîtrise de soi dépassionnée. La pensée libérale met en avant la recherche de la liberté, par le travail et la propriété. Pour le transhumanisme, ce serait carrément l’amélioration de l’espèce humaine par la technologie. Pour l’islam, la vie est un test qui détermine l’éternité, suivant que l’on adore Allah en obéissant aux lois du Coran ou pas. Les hindouistes cherchent la suppression du soi intérieur afin de devenir un avec l’absolu cosmique et d’être délivré du cycle des réincarnations. Pour les bouddhistes, il faut rechercher l’illumination, qui est la fin de la douleur et de l’illusion du soi, en une sorte de néant absolu. Pour la Bible, le sens de la vie c’est de croire en Jésus pour être réconcilié avec Dieu et de vivre une relation d’amour avec lui pour l’éternité.

Le besoin de donner un sens à notre vie fait partie de notre humanité depuis toujours. Les réponses varient mais le besoin de sens demeure. Le nihilisme pur, la négation d’un sens à la vie, n’est pas compatible avec la vie. Il ne peut conduire qu’à la folie ou à la mort, car notre existence repose sur le sens que nous lui donnons. Toutes nos idées et nos actions sont basées sur des croyances, des convictions sur ce qu’est la vie ou sur ce qu’elle devrait être. Ces croyances et convictions peuvent varier avec le temps, mais il y aura toujours quelque chose en nous qui nous poussera à agir, à vivre. Une aspiration, consciente ou non, parce que c’est l’essence même de l’humain.

Dans les sociétés occidentales, où le relativisme règne en maître, nos contemporains désireux de se « libérer » de tout « système de pensée » refusent souvent d’admettre que la vie ait un sens objectif ou absolu. Il n’en demeure cependant pas moins que chacun cherche à donner un sens à sa vie, d’une manière ou d’une autre.

Quel sens donnons-nous à notre vie ?

Le sens que nous donnons à nos vies peut résulter de décisions personnelles conscientes et assumées, ou n’être que la conséquence de contraintes qui nous dépassent. Au final, nous cherchons tous à être heureux. Mais qu’est-ce qui nous motive à vivre ? Qu’est-ce qui nous pousse à nous lever le matin et à affronter une nouvelle journée ?

Dans notre société, nous nous focalisons sur le présent et nous lançons dans une quête infinie du plaisir et du bien-être. Nous portons une attention importante à l’amélioration de notre confort, à l’entretien de notre corps. Face à un avenir qui est source d’inquiétude, nous tentons à tout prix de nous assurer une sécurité matérielle en accumulant les richesses.

Nous nous fixons des objectifs à court, moyen ou long terme : un diplôme à obtenir en fin d’année, des vacances à organiser, une famille à fonder. Des objectifs qui nous apportent satisfaction quand nous les atteignons et qui nous donnent des sens vers lesquels orienter notre quotidien.

Nous nous plongeons dans nos activités et cultivons des passions artistiques, sportives, etc. Alors que la majorité des habitants de notre planète lutte pour sa survie, nous cherchons LE travail qui nous épanouira et nous permettra de nous sentir accomplis.

Parfois, ce sont des choses plus douloureuses qui sont au cœur de notre vie. Le souvenir du mal qui nous a été fait peut devenir l’élément structurant de notre existence. Pour le meilleur, ou plus souvent pour le pire, car le risque est de vivre une vie centrée sur la colère et motivée par le désir inassouvi de vengeance ou le refus de pardonner, qui vont nous détruire de l’intérieur.

Nous estimons parfois que le sens de notre vie se trouve dans le service de ceux qui nous entourent. Nous nous lançons dans des engagements caritatifs ou politiques pour essayer de « faire changer les choses ». Ou alors nous cherchons à être appréciés par ces « autres » que nous prétendons servir, et orientons tout vers notre besoin de reconnaissance, ce qui nous conduit à placer notre valeur dans le regard que les autres portent sur nous.

Notre quotidien peut aussi être conduit par le désir d’honorer quotidiennement nos convictions religieuses. Ou par des croyances plus diffuses comme les prédictions de l’horoscope, qui misent sur la peur de l’avenir dans un monde d’où toute divinité a été évacuée.

Mais ce qui nous motive sans doute le plus, c’est notre besoin d’amour, de lien affectif. Quel sens aurait la vie si ceux que nous aimons n’étaient plus autour de nous ? L’être humain est un être social. Cette citation attribuée au célèbre photographe Brassaï en dit long sur nos besoins relationnels : « on se demande parfois si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie. » Quels que soient notre éducation ou notre milieu social, nous ne pouvons survivre sans relations. L’amour que nous pouvons recevoir et offrir donne du sens à nos vies.

Cependant, toutes ces tentatives subjectives de donner du sens ne sont-elles pas vouées à l’échec ? Comme le faisait remarquer le philosophe Jean Staune en commentant le désenchantement d’un célèbre physicien matérialiste : « si l’univers n’a pas de sens, peut-on vraiment affirmer que l’homme peut s’en inventer un lui-même ? »3

Tout ce qui donne du sens à nos vies est marqué par la fragilité. Travail, famille, relations, passions, etc… tout ce que nous construisons peut disparaître du jour au lendemain. Ne faudrait-il donc pas chercher le sens de nos vies ailleurs ? Rien dans la vie humaine n’est éternel. Le temps qui passe nous place face aux limites qui sont les nôtres et fixe une limite à nos questionnements existentiels.

La mort n’invalide-t-elle pas tout questionnement sur le sens de la vie ?

Dans La Philosophie, Georges Moustaki chantait : « Nous avons toute la vie pour nous amuser. Nous avons toute la mort pour nous reposer. »4 Ce refrain est la description dramatique d’un refus de penser à la réalité incontournable de la mort. Un refus caractéristique de notre époque. Alors que tôt ou tard, chacun mourra.

Face à ce fait inéluctable, la vie parait absurde comme l’affirme Albert Camus dans le Mythe de Sisyphe5. A quoi bon vivre, en effet, si tout doit disparaitre à notre mort ? Quelle sera la différence entre quelqu’un qui aura fait du bien et quelqu’un qui aura fait du mal ?

En stoïcien, le philosophe Michel de Montaigne écrivait que : « Philosopher c’est apprendre à mourir. Cicéron affirmait que philosopher n’est autre chose que de se préparer à la mort. »6 Et il ajoutait : « C’est aussi que toute la sagesse et le raisonnement du monde se concentrent en ce point : nous apprendre à ne pas craindre de mourir. »7 Vivre pour préparer la mort, est-ce cela le sens de la vie ? Quelques années plus tard, il a changé de raisonnement : « Nous troublons la vie par le souci de la mort »8, se rangeant à l’avis du philosophe grec Epicure : « la mort n’est rien pour nous »9 parce que quand nous vivons nous ne connaissons pas la mort et lorsque nous mourons nous n’existons plus pour faire l’expérience de la mort

Mais si la mort n’est rien, pourquoi génère-t-elle une telle angoisse ? Pourquoi ce besoin que ressentent tant de personnes de laisser une trace ? Pourquoi l’instinct de survie ? Pourquoi le sentiment de révolte qui nous étreint quand la mort fauche un enfant ?

Ne sommes-nous là que pour manger, boire, travailler, souffrir… puis mourir ? « Si notre monde est le fruit d’une fluctuation du vide quantique et que la vie, et en particulier l’existence humaine, n’est que l’aboutissement de processus aussi immanents qu’aveugles, […] l’homme meurt alors vraiment comme la bête »10 et notre quête de sens se perd dans le néant de notre finitude.

A cette perspective la théologienne Lydia Jaeger répond par une vision pleine d’espoir : « si au contraire ce monde est issu de la création divine et que l’homme a été appelé originellement à vivre en communion continue avec le Dieu de la vie, comment imaginer que le Seigneur laisserait détruire sa créature définitivement par la mort ? »11 Certes, mais peut-on imaginer dépasser la mort ?

Jésus peut-il donner un sens à notre vie ?

La Bible propose une réponse unique aux questionnements existentiels que constituent la recherche de sens et le problème de la mort. Elle nous renvoie à la personne de Jésus.

D’après le livre de la Genèse12, premier livre de la Bible, l’être humain a été créé par Dieu, à son image, pour vivre une relation parfaite avec lui dans le monde qu’il a créé. Mais l’homme et la femme se sont rebellés contre Dieu (ce que l’on appelle communément le « péché »). La punition que Dieu leur a infligée est la mort, la séparation éternelle d’avec Lui. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes toujours révoltés face à la mort : elle n’était pas présente dans le plan initial.

Cependant, l’être humain a toujours gardé en lui une aspiration d’éternité13 et Dieu n’a jamais totalement abandonné ses créatures rebelles. Pour restaurer la relation, Dieu est venu lui-même sur terre sous une forme pleinement humaine, en la personne de Jésus. Il a vécu la vie parfaite et pleine de sens qui était prévue pour l’humanité à l’origine, sans péché. En mourant sur une croix, Jésus a pris la punition que méritaient les êtres humains pour leur rébellion14. Lui, le seul être parfait, qui n’était pas sensé expérimenter la mort, il a fait le choix de s’y soumettre pour pouvoir libérer l’humanité. Car il est mort, mais il est revenu à la vie. La résurrection de Jésus marque sa victoire sur la mort.15 Elle prouve que tout ce que Jésus a enseigné et vécu est vrai.

Il suffit d’y croire pour pouvoir être réconcilié avec Dieu, être associé à la victoire de Jésus et vivre ensuite une vie qui lui plaise… une vie dont l’objectif est d’aimer Dieu et aimer les autres êtres humains16. Jésus peut donner du sens à notre vie, car il nous promet que si nous le suivons, il nous mettra en relation avec la Personne pour laquelle nous avons été créés.

Conclusion

Quel sens désirez-vous donner à votre vie ? Vos choix sur cette terre ont des conséquences éternelles. Les auteurs bibliques expliquent que pour donner un sens à votre vie il vous faut chercher du côté du Dieu qui vous a créé(e).

Le Dieu de la Bible est le Dieu de la vie. Il a créé l’être humain dans le but de vivre une relation d’amour avec lui. Avec lui, la mort n’est pas la fin de tout mais en Jésus il offre l’espérance d’une vie au-delà de la mort. Cette espérance révolutionne notre vision de la vie. Voulez-vous vous aussi expérimenter cet amour et mettre de l’éternité dans le sens de votre vie ?

Nicolas Blum, avec l’aide de Mamy et Niarintsoa A., avril 2017

(Un grand merci à Mamy et Niarintsoa A.)


1 Frédéric LENOIR, Le sens de la vie, Psychologies Magazine, avril 2002.

2 Arthur SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation.

3 Jean STAUNE, Notre existence a-t-elle un sens ?, Paris, Presses de la Renaissance, 2007, p. 25.

4 Georges MOUSTAKI, La Philosophie, 1969.

5Pour plus de détails sur la pensée d’Albert Camus, voir notre article « Camus, l’absurde, la révolte et Dieu ».

6 Michel de MONTAIGNE, Essais, I, 19, Paris, Firmin-Didot, 1907, p. 112.

7 Michel de MONTAIGNE, Essais, I, 19, Paris, Firmin-Didot, 1907, p. 112

8 Ibid, III, 12, p. 1268.

9 Epicure, Lettre à Ménécée, 123.

10 Lydia JAEGER, Vivre avec la mort, Charols/Vaux-sur-Seine, Excelsis/Edifac, 2013, p. 63.

11 Lydia JAEGER, op.cit., p. 64.

12 Genèse, chapitres 1 à 3, La Bible.

13 Ecclésiaste, chapitre 3, verset 11, La Bible.

14 Evangile selon Jean, chapitre 3, verset 16, La Bible.

15 Pour aller plus loin sur ce sujet : Jésus, mort sur une croix : pourquoi ? de Pierre-Sovann Chauny, PBU, 2016.

 

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