Pourquoi Jésus est-il mort ? : mort pour nos fautes

Si le monde entier pouvait vous observer durant les prochaines 24 heures sur tous les écrans d’appareils électroniques, changeriez-vous quelque chose à la manière dont vous vivez votre quotidien ? Si on pouvait désormais suivre votre vie quotidienne sur les écrans au Time Square à New York, vous comporteriez-vous différemment ?

Je pense que nous répondrions tous affirmativement à ces questions. Oui, je mentirais moins, je serais plus gentil, je ne volerais rien et j’aiderais plus de personnes.

Un Dieu qui sait tout

Ces analogies tirées du monde moderne nous ramènent vers une réalité ancienne affirmée par les auteurs bibliques : Dieu sait tout. L’omniscience divine est souvent considérée comme un réconfort quand nous souffrons. Intérieurement, nous nous disons : Dieu est au courant des difficultés et souffrances que j’endure.

Or, l’omniscience de Dieu soulève également un problème. Si Dieu est vraiment l’être le plus parfait moralement, comment peut-il être en relation avec nous, des êtres ambivalents et corruptibles ? Quand Dieu rencontre l’humanité, c’est le choc de deux mondes : son altruisme contre notre égoïsme, sa vérité contre nos mensonges, sa justice contre notre corruption, sa bonté contre notre haine1.

Le choc entre la sainteté2, la perfection de Dieu, et notre être de rébellion est appelé par les théologiens le pardon. Quant à notre moralité pernicieuse, c’est ce qu’on appelle le péché. Si Dieu ne nous pardonnait pas, nous ne serions pas en relation avec lui. Ce fossé infranchissable qu’est le péché n’est surmonté que par le pardon.

Le pardon a un prix

Heinrich Heine disait fameusement que le pardon est l’activité principale voire professionnelle de Dieu3. Faut-il donc conclure que le pardon est facile ? Dieu peut-il faire fi de notre péché et nous pardonner gratuitement ? La croix de Jésus-Christ remet en question cette idée. Au contraire, le pardon a un prix élevé :

« Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures. » 4

La mort de Christ à la croix ne survient pas comme une surprise, mais elle est annoncée et anticipée par les auteurs bibliques :

« Pourtant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos fautes qu’il s’est chargé. Et nous, nous l’avons considéré comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes ; la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. » 5

Jésus prend nos fautes, notre rébellion et tout le mal sur lui. À notre place, le seul homme innocent de l’humanité endure la mort d’un criminel pour nous réconcilier avec Dieu le Père. Jésus-Christ, le juste, est jugé à notre place. Un auteur biblique décrit cet échange entre sa justice et notre injustice ainsi :

« En effet, Jésus, lui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. »6

Le jugement du mal

A la croix, le mal et nos fautes sont jugés en la personne de Jésus-Christ. Dans sa mort, Dieu montre la conséquence véritable du mal et ce que mérite le péché. On est tous conscients du mal dans le monde et on y participe soit activement par nos mensonges, nos crimes et nos vols, soit passivement par notre lâcheté et notre indifférence. Face à ce constat, on peut banaliser, relativiser ou justifier le mal et continuer à le faire, ou alors on peut en reconnaître les conséquences désastreuses et fatales dans notre société, notre famille et même dans notre vie intérieure. La croix de Jésus-Christ s’inscrit dans la deuxième vision. Le mal est intrinsèquement mauvais et a été jugé pour cela.

Le caractère de Dieu

La question suivante se pose alors : « Pourquoi fallait-il que le mal et le péché soient jugés par Dieu ? » La réponse se trouve dans le caractère de Dieu :

« La sainteté de Dieu et la colère de Dieu, telles qu’elles sont exposés dans la Bible, ont en commun ceci : elles ne peuvent coexister avec le péché. La sainteté de Dieu met le péché en lumière, elle l’expose : sa colère le rejette et le condamne, elle s’y oppose. »7

La colère de Dieu face au mal découle de son être intérieur qui est saint et parfaitement juste. Elle n’est aucunement une réaction capricieuse ou rancunière, mais elle est l’expression radicale de son amour transformateur. Si Dieu ne s’opposait pas au mal en le jugeant, il ne serait pas un Dieu d’amour.

Mais Dieu a jugé le mal en prenant le jugement sur lui-même. Il a ainsi révélé son amour. Il est mort en Jésus-Christ et s’est réconcilié avec nous en prenant nos fautes sur lui et en nous accordant à la place sa justice.

Simon Grunder, Avril 2015


Cet article est le quatrième d’une série pour répondre à la question « pourquoi Jésus est-il mort ? ».

Les autres angles sont les suivants :

  1. Voir aussi l’article Le problème du Mal
  2. Comprendre par là la perfection morale de Dieu, sa parfaite bonté qui inclut un rejet total du Mal.
  3.  LENNOX, John: Gunning for God: Why The New Atheists are missing the Target, Oxford: Lion Hudson, 2011, cité en p. 154.
  4. 1 Corinthiens 15. 3.
  5. Esaïe 53. 4-5. N. B. Esaïe écrit environ 700 ans avant Jésus-Christ.
  6. 2 Corinthiens 5. 20.
  7. STOTT, John : La croix de Jésus-Christ, Bâle : Editions Brunnen Verlag, 1988, p. 98.
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18 Comments

  1. Merci pour votre article. Il s’agit de comprendre l’amour de Dieu avant tout. Il ne peut pas nous aimer tant que, de notre côté, il n’y pas un brin de repentance. Et je souligne REPENTANCE devant Lui. Votre article ne mentionne pas cela. Il prendra nos fautes sur Lui, car il est amour, mais à partir du moment où nous acceptons notre insuffisance. Mais accepter notre insuffisance, ne serait-ce pas d’abord se repentir pour ce que l’on a fait de mal?

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  4. Salut,

    « La sainteté de Dieu et la colère de Dieu, telles qu’elles sont exposés dans la Bible, ont en commun ceci : elles ne peuvent coexister avec le péché. La sainteté de Dieu met le péché en lumière, elle l’expose : sa colère le rejette et le condamne, elle s’y oppose. »7

    Est-ce que n’est pas le fait que Jésus, Dieu, a justement co-existé avec les pecheurs. Il ne s’oposait pas à eux. Puis c’est ça qui a derangé les religieux tellement qu’il se sont dit, que Jésus ne peut pas être Dieu et l’ont crucifié?

    • C’est une tension que l’on retrouve dans la manière dont Dieu se révèle dans la Bible. Dieu est saint, donc il ne supporte pas le mal. Pourtant, Dieu nous aime malgré le mal que nous faisons.
      Jésus a accueilli les pécheurs, mais il n’a jamais approuvé le péché. En Jésus Dieu s’approche malgré notre péché, pour venir enlever notre péché.

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